Les violences obstétricales et gynécologique

 

Les violences Obstétricales

Ce sujet me tient à cœur car c’est un sujet délicat et souvent étouffer mais bien réel quoi qu’en dise le Professeur Nisand (gynécologue obstétricien et professeur des universités)  ou Mme Buisson Odile (gynécologue et obstétricienne qui ne pratique plus les accouchements depuis des années) sur le sujet des VO et des VG, ou d’autres détracteurs qui nient en bloc les violences …

Et ce sujet est complexe car on parle de violences faites aux femmes pendant leur grossesse, accouchement, mais aussi en suivi gynécologique, on parle de douleur physique et psychologique, d’atteinte à leur intégrité, à leur dignité, mais surtout on dénonce un sujet qui bien trop souvent est vécu comme un passage obligé. Sorte de rituel de la grossesse et de l’accouchement sous le dogme : tu enfanteras dans la douleur.

Avec internet la parole des femmes s’est libérée, des tas d’articles de presse écrit sur les VO dans des journaux tels que Libération , mieux vivre autrement , France tv Info , de radio telle que France Inter, ou de blog qui traite du sujet comme celui de Marie Helene Lahaye : marie accouche la, et le groupe Facebook : Stop aux impunités des violences obstétricales  ….. Je lis souvent des femmes dirent après lecture de témoignages : ah moi aussi j’ai vécu mais je pensais que c’est moi qui en rajoutais, et quand on prend le temps de discuter on comprend que les femmes sont « habituées » à être traitées ainsi. Habituées à des gestes, des paroles, des actes auxquels aucunes femmes ne devraient jamais être habitués.

Cela paraît tout à fait normal de supporter des touchers vaginaux par dizaine pendant la grossesse et pendant l’accouchement, d’avoir la poche des eaux rompue sans en avoir été informée, de subir des actes non consentis et/ou non expliqués, de subir une épisiotomie alors que celle-ci n’est pas nécessaire, de devoir garder la sacro sainte position gynécologique du poulet de bresse et de ne pas avoir le droit de bouger, de subir une expression abdominale alors que celle-ci n’est plus recommandée depuis 2007 mais malheureusement toujours pratiquée (enquête du CIANE) , de se voir interdire de boire et manger pendant 10h, 24h ou bien de s’entendre dire : arrêtez de crier, ne faites pas votre chochotte, oui je vous recouds à vif l’épisio, pas le temps d’endormir la plaie, vous êtes trop lente, vous ne savez pas accoucher, et tant d’autres exemples…. Il existe même un livre qui nous conditionne à accepter tout ceci !

Mais est-ce normal ? Est-ce normal d’être infantiliser, brutaliser, malmenée ? Est-ce normal de laisser sa dignité devant la porte de la maternité ? Et de se retrouver dépourvue de droit, dépourvu d’écoute, et reléguée au rang d’utérus sur pattes ? Est-ce normal de subir la mauvaise humeur de l’anesthésiste réveillé en pleine nuit ? Ou la mauvaise humeur de la gynécologue appelée en urgence pour une césarienne à 5h du matin ? Est-ce normal de subir le mécontentement d’un soignant ? Est-ce normal de n’avoir le droit que de subir et de se taire ???

Non tout ceci n’est pas normal ! J’entends déjà certain(e)s crier au scandale : OHHHHH ce n’est pas de notre faute, nous aussi on subit aussi en tant que pro, manque d’effectif, manque de temps, il faut aller toujours plus vite, etc….

Alors oui ce discours peut être « entendu », mais non ce discours ne peut être accepté ! Car ce n’est pas aux patientes de subir. Ces agissements resteront gravés à jamais dans la mémoire de ces femmes qui accouchent, ces brutalités ne seront jamais effacées et peuvent faire beaucoup de dégâts…. Une simple phrase pour vous, mais qui fait écho dans la tête d’une femme toute sa vie, et qu’elle n’oubliera pas. A chaque fois qu’elle pensera à ce jour-là, son souvenir sera gâché par cette phrase, ce geste….

On n’a aucune excuse à être violent, à être irrespectueux, à être insultant, dégradant.

Accoucher ce n’est pas subir ! Accoucher c’est donner la vie, laisser venir au monde un enfant, et ce jour-là (heureux ou malheureux) restera gravé  dans nos mémoires !

Il existe des lois : loi du 04 MARS 2002  dite Loi Kouchner (ensemble de lois qui permets aux patients de connaitre leurs droits essentiels en matière de santé) puis dans chaque hôpital il y a la charte du patient hospitalisé.

D’ailleurs dans tous les hôpitaux, cliniques, cabinet médical etc il est attendu que les patients respectent le personnel médical, alors pourquoi les patients devraient eux accepter des violences!!  Je vous conseille le livre de Sophie Lavois  » Le droit des mères » afin de connaitre vos droits.  Vous avez eu une ou des expériences difficiles durant votre grossesse, votre accouchement ou en post partum, et bien il y a des recours :  ICI

Alors quoi faire ? Il faut revoir les pratiques, revoir les protocoles, revoir l’organisation, et intégrer dans le parcours de soin d’autres possibilités d’accouchement. (J’y reviendrais plus tard) Certes il y a beaucoup de travail à faire et tout ne se fait pas en un jour, mais déjà vous, les soignants, ne serait-ce que de parler avec les patientes, leur expliquer chaque geste effectué, répondre à leurs questions, c’est déjà la base d’un soin.

Il faut revoir le système de soin en France, pourquoi ne pas déjà publier les chiffres des pratiques des maternités ? % d’episio, % des césariennes d’urgence, % de césarienne programmes, % d’hémorragie de la délivrance, etc etc. Mais aussi pourquoi pas « noter » le soignant ?

Pourquoi penser que les femmes ne sont pas à même de comprendre la situation ? Sous prétexte qu’un accouchement c’est de l’émotion alors une femme ne peut prendre une décision à un instant T, vous pensez qu’une femme ne peut être raisonnée à ce moment-là, que le sang afflux dans l’utérus et donc n’oxygène plus le cerveau comme le Pr. Nisang le dit et que tout d’un coup la raison s’est envolé ?

Non mais sérieusement ?

Qu’est-ce qui vous empêche de parler, de demander ? D’expliquer ? Une urgence ? Mais une urgence n’arrive rarement en quelques minutes/secondes il y a des signes avant-coureurs dans la majorité des cas.

En formation d’aide-soignante j’ai appris que la communication verbale était très importante dans un soin, la blouse blanche a un effet sur les patients, les patients nous font confiance, nous écoutent, se livrent à nous, s’en remettent totalement à nous !

En tant que femme et patiente, je ne peux pas accepter d’être maltraitée et ce pour n’importe quelle raison. En tant que soignante, je ne peux être maltraitante, je n’ai pas choisi un métier de soin si c’est pour faire mal, et si cela arrive je prends le temps de m’excuser mais surtout je me remets en question.

Je ne fais pas le procès d’une ou de plusieurs professions mais je fais le procès d’humain travaillant avec des humains. Nous avons choisi nos professions, personne ne nous oblige à aller travailler tous les matins, et travailler avec de l’humain, demande une remise en cause constante des pratiques, de soi-même, une attention particulière vis à vis de l’autre… C’est la base du métier de soignant et qu’importe son grade, qu’importe la dénomination de son emploi être soignant c’est : être humain, et toujours avant chaque geste, chaque soin se demander comment nous, nous aimerions être traités.  Chaque personne est unique, chaque soin le sera.

Être soignant ce n’est pas que soigner, mais c’est aussi prendre soin d’une personne unique à un instant T ….

Alors prenons soin de nos patients….

 

Pour vous aider il existe :

L’association IRSAF lutte contre les VO et VG (dés que le site internet de l’IRSAF sera en ligne, je viendrais l’ajouter bien sur. )

Et vous pouvez retrouver le groupe Facebook : Stop à l’impunités des violences obstétrical 

Le CIANE peut aussi vous aidez : ICI

Un livre/enquête est d’ailleurs à paraitre le 05 Octobre 2017, écrit par la journaliste  Mélanie Déchalotte en pré commande ici  

D’ailleurs je parle des VO ou VG mais les violences sont aussi dans tout le parcours de soins  et elles sont tout au tant à dénoncer, on ne peut laisser faire de telles horreurs !

 

Alors à nous les soignants, ne remettons pas nos actes sur une tout autre cause, mais assumons. Assumons nos erreurs et acceptions de changer, acceptons de nous remettre en question, et c’est ainsi que nous avancerons…

 

Elle…

 

4 réponses sur “Les violences obstétricales et gynécologique”

    1. Cet article m’a demandé réflexion, vraiment.
      Car j’ai tendance sur certains sujets a me partir en croisade. Mais j’apprend que l’important n’est pas de toujours convaincre, mais aussi de semer des petites graines qui germeront a leur tour !

      Alors oui cela me prend aux tripes et ravie que cela se ressente 😉

      Bisous Blandine ❤️

  1. Merci de devenir soignante et surtout sage-femme 😉 ! Tout cela est vrai et je pense aussi que les soignants sensibles à ces violences, ont leur carte à jouer en faisant remonter les améliorations qui pourraient être faites dans leur formation et leur quotidien pour endiguer cela (on a mis le questionnaire en ligne sur sivo pour ça).
    Sur les maltraitances dans les soins en général, il y a le blog de M. Winkler (école des soignants) qui est intéressant !
    J’espère que ces idées en tout cas essaimeront par delà notre frontière dans votre promo 😉 !

    1. Bonsoir Alison,
      Merci beaucoup pour ton commentaire 😉
      Compte sur moi pour denoncer les VO/VG ! Et je fais deja de la « prevention » avec mes collègues de promo. Des que je peux je parle du SIVO, l’IRSAF, le groupe FB, et j’attend le site internet avec impatience 😉
      Je seme et je semerais le maximum de graine autour de moi !
      J’ai ete patiente et je serais un jour sage-femme, je veux etre respectee et je respecterais les patient(e)s !

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