J’y suis …

 

Ça y est demain à 08h, je serai en stage en maternité. Ce stage tant attendu, ce stage tant idéalisé, ce stage tant rêvé …

Comment je me sens ?

Alors, j’ai l’impression d’être au bord d’un gouffre et d’être prête à tomber dedans.

Je suis si excitée et, en même temps, je me sens si sereine et si calme.

J’ai toujours une appréhension avant d’aller en stage et je me pose 1000 questions: Comment cela va se passer? Comment vais-je réussir à m’intégrer? Est-ce que je vais découvrir/apprendre beaucoup de choses, bref tout un tas de questions qui tournent en boucle dans ma tête ….

Mais là non, aucune appréhension, aucune question qui tourne en boucle et, d’ailleurs, j’ai trouvé cela bizarre! Du coup, j’y ai réfléchi. Pourquoi est-ce que je suis si sereine? J’ai finalement trouvé le pourquoi : je n’ai pas encore percuté que j’allais en stage en maternité !

C’est le même sentiment que j’ai ressenti lorsque j’ai commencé les cours de sage-femme : « waouhhh je n’y crois pas je suis en cours de sage-femme!». Ce même sentiment d’émerveillement qui me surprend encore quand je dis : « Elle étudiante sage-femme » ou que je lis un cours de physio de la grossesse.

Et bien là, c’est pareil …. Je vais en stage en maternité, mais tant que je ne serai pas en tenue, dans le service, cela restera irréel pour moi. Comme quelque chose qui est tant voulu, que l’on a du mal à y croire une fois qu’on l’a !

J’ai tellement attendu ce moment, je l’ai tellement rêvé, voulu !  Je vais être en stage en France et j’ai choisi une maternité pas trop loin de chez moi. Mon école nous laissait la possibilité de trouver notre lieu de stage (youpiiiiii pas trop de kilomètres à faire!). Ce stage devait être de 15j, à mon initiative il va durer une semaine de plus. Nos vacances commençant juste à la fin du stage, j’ai demandé la possibilité de rester une semaine supplémentaire (et donc avoir une semaine de moins de vacances) et cela été accepté!

Je me sens prête à vivre ce premier stage en maternité.

La seule chose qui m’impressionne c’est d’être face à des femmes. Je m’explique…

J’espère être à la hauteur des attentes de toutes ces femmes que je vais rencontrer dans les prochaines semaines.

Faut pas se mentir, chaque femme qui accouche se souviendra toute sa vie de la sage-femme qui l’a accompagnée, qui a été là à cet instant ….

Et je souhaite pour ces femmes qui me permettront d’apprendre auprès d’elles, qui me feront confiance, être à la hauteur de ce qu’elles attendront de moi.

J’espère respecter leur choix. J’espère réussir à les accompagner que cela soit pour la gestion de la douleur, ou pour leur allaitement, ou les aider dans leurs interrogations en tant que nouvelles mamans. Et savoir aussi rester à ma place quand on ne me demandera rien, car c’est important de respecter leur intimité.

 

Je me souviens de Caroline, cette jeune sage-femme qui a été là il y a 5 ans, un jour de janvier 2013, pour la naissance de notre premier fils. Elle, jeune diplômée, mais à l’écoute, dans le respect de mes choix et demandes ! Même si cette première naissance ne s’est pas du tout passée comme on l’imaginait, elle a été présente. Elle a su m’accompagner pendant ces longues heures, et même dans l’urgence au bloc opératoire, elle est restée près de moi…. Et ça, 5 ans plus tard, je ne l’ai toujours pas oublié, et je ne l’oublierai pas …. Je revois encore son regard plein de compassion, quand cela criait code rouge et qu’on me préparait pour cette césarienne…

Je me souviens de Betty, qui a su m’accompagner pour la naissance de notre fille il y a 3 ans. Cette naissance qui sonnait comme une revanche pour moi, un AVAC (accouchement voie basse après césarienne), une naissance physio sans péri, sans aucun geste médical le jour J, une délivrance sans injection quelconque, juste pour me prouver que j’étais capable de donner la vie moi-même et retourner à la maison dès le lendemain matin…. Encouragée et soutenue par Betty, j’ai pu donner la vie, seule, sans stress, sans péri, en respectant mon plan de naissance. Elle a su m’accompagner, me coacher, me donner confiance en moi au moment où je perdais pied…. Je me souviens encore parfaitement d’elle me disant : “Bravo Elle, tu as réussi, tu as réussi ton AVAC, tu as été forte, sois fière de toi”.

Je me souviens d’Angélique et de Sylvie. Leurs prénoms résonnent en moi tellement ce dernier accouchement, il y a 19 mois, a été d’une puissance, d’une force inimaginable…. Tout s’est passé si vite! En 2h c’était fini, et notre dernier était dans nos bras ! Et je me souviens très bien de l’épaule de Sylvie (d’ailleurs si tu me lis encore désolée….). Et cette dernière naissance s’est finie par un retour à domicile auprès de mes enfants et de mon mari, le soir même, 6h après avoir donné la vie.  Avec, ensuite, un suivi à domicile. C’est Cathy ma sage-femme libérale qui est venue le soir même chez moi, puis chaque jour après la naissance (je pense à toi très souvent Cathy !).

 

Les sages-femmes de la maternité n’ont peut-être pas « compris » pourquoi je voulais sortir si tôt, ni pourquoi mon plan de naissance comportait des demandes si spécifiques, mais elles n’étaient pas là pour être d’accord avec moi, ni même me juger, mais pour respecter mes choix, mes droits, et ça c’est ce que je veux être plus tard, tout comme elles ont toutes su le faire : respecter les choix, les demandes, sans jugement, sans moquerie, et en accompagnant !

 

Mais encore une fois toutes ces sages-femmes ont été là pour moi, pour m’accompagner, m’aider, me soutenir dans cette tempête qu’est donner la vie…. J’ai eu de la chance quand je lis certains témoignages de naissance …. J’ai vraiment eu de la chance, et je veux donner cette chance à chaque femme de vivre des naissances douces, même dans la difficulté et l’urgence, une naissance peut être belle.

J’espère que je saurai être à la hauteur de ce stage, être à la hauteur de ce que toutes ces femmes attendent d’une sage-femme : du professionnalisme.

 

 

Elle…

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