Après quelques mois de silence, me revoilà !

 

Il y a quelques jours se tenait le congrès d’automne de l’Union Professionnelle des Sages-femmes Belges (UPSFB) et cela m’a donné envie d’écrire, de reprendre mon clavier. Ce congrès a été une journée remplie d’émotions, de joie, de rire, de larmes aussi (sissii) et il fallait que je vous en parle.

Ce congrès avait pour thème : « Violences obstétricales : repérer, comprendre, agir. Les sages-femmes se positionnent ». Et différents intervenants prenaient la parole sur ce sujet ô combien délicat tout au long de la journée.

Actuellement, personne ne peut nier que les violences obstétricales existent, enfin… sauf le Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français (CNGOF). Sur le programme préliminaire de leurs journées nationales en Décembre 2018, et consultable sur leur site Programme préliminaire Mis à jour le 04 juillet 2018 ils osent titrer :

  • Page 29 : « Ces prétendues violences obstétricales : les enjeux juridiques » mais aussi en-dessous sur la même page  vous pouvez lire : « Comment se prémunir des plaintes pour attouchements sexuels. »

Mais une mise à jour des programmes a été faite et voici la version avec les titres revus et corrigés afin que cela soit politiquement correct disponible sur ce lien  Programme préliminaire Mis à jour le 26 septembre 2018    sur lequel vous pouvez désormais lire :

  • Page 34 : « Les enjeux juridiques des « violences obstétricales » »
  • Page 44 : « Violences obstétricales : parlons-en ! »

Vous êtes sérieux au CNGOF ????

Vous ne voulez toujours pas reconnaître la parole des femmes, et entendre leur témoignage ? Ces « prétendues violences obstétricales », comment devons nous le prendre, nous les femmes victimes de ces prétendues violences , je vous assure que ces violences sont bien réelles, quoi que vous en pensiez….  Vous niez toujours et encore la paroles des femmes, mais de quoi avez vous peur ? Car la question c est bien celle ci : mais de quoi avez vous peur ?  Vous êtes toujours sur la défensive et à vous cacher derrière le gynéco bashing ?  (Ps : et quand on met à jour les programmes sur le net, il faut le faire partout sinon cela ne fait pas sérieux voyons)

Je vous partage le très bon documentaire de Nina Faure d’ailleurs, trop court, on en veut plus 😉

Mais soyez professionnel, reconnaissez la parole des femmes comme le collège des sages-femmes l’a déjà fait ainsi que tant d’autres corps professionnels . Et travaillons ENSEMBLE à chercher des solutions pour que les VO ou VOG deviennent quelques cas très rares, à défaut malheureusement de pouvoir y mettre totalement fin…. J’en ai des idées si vous voulez, par exemple, proposer des cours des le début d’un cursus de formation médical et ce pour TOUT les corps de profession …..Bref, aujourd’hui, ce n’est pas le sujet de mon article …..

 

Revenons à nos moutons, le congrès de l UPSFB

Il y a eu donc plusieurs interventions de différentes personnes, comme C. Markstein avec sa conférence gesticulée. Un vrai régal de faire se lever 450 femmes pour chanter et lever le poing. Puis Fabienne Richard est intervenue avec « les violences obstétricales : entre violences institutionnelles et violence de genre. »

L’après-midi sont intervenues, entre autres, la gynécologue-obstétricienne M. Eykerman et E. Di Zenzo, sage-femme, avec le thème : « Bienveillance obstétricale : point de vue d’une gynécologue et d’une sage-femme ».

Alors je veux des gynécologues comme elle partout, dans toutes les maternités, ouverte, ne niant pas la parole des femmes et leur vécu, et qui ose parler sur ce sujet si délicat sans peur des tabous.

Il aura fallu aussi parler des recommandations de l’HAS et du collège des sages-femmes françaises sur l’accouchement physio et les interventions médicales…. Il y eut quelques soupirs, des interrogations face à ces recommandations drastiques. Une avancée pour certaines recommandations, mais toujours et encore, la femme mise au second plan… Mesdames les sages-femmes faites des études, allez-y, il faut des études pour faire évoluer les choses !!

Une psychologue clinicienne et psychanalyste P. Gustin a fait une intervention très juste sur le sujet des limites du bien faire/dire face à la vulnérabilité lors du devenir parent. Par contre je suis d’avis et cela n’engage que moi et mon vécu personnel que si un psy ne connaît pas le déroulement d’une naissance, ou ce qu’il se passe dans une salle d’accouchement, ou qu’il n’est pas sensibiliser aux VO/VOG, comment peut-il prendre en charge une victime ?

Chaque intervention a été vraiment très intéressante, avec des mots posés sur les maux des femmes.

Puis, en fin de congrès, vient le temps de paroles aux sages-femmes, aux étudiant.e.s sages-femmes, aux femmes …. Et là ….. Que dire ?….

J’aurais milles choses à dire, je pourrais vous en parler durant des heures de ces visages inquiets, de ces visages interrogateurs, de ces visages en colère…. Alors oui, c’est génial de parler des VO/VOG (violences obstétrical/violences obstétrical gynécologique) mais concrètement on fait quoi, OK on agit mais comment ? On veut toutes que cela cesse, mais que faire ? Il nous faut nous battre pour reprendre possession de nos corps de femmes, de notre métier, de notre futur métier…. Il va falloir du temps, du courage, de l’acharnement, et comme il a été dit très justement d’ailleurs, cela fait déjà 30 ans qu’on en parle, déjà 3 générations de femmes et c’est toujours au même point, alors posons nos ovaires sur la table (ouais je préfère parler d’ovaires que de c…. hihihihihi)

Des associations, des personnalités dénoncent le sujet et en parle, mais l’Etat lui agit-il ??? En fermant des maternités, en demandant la réduction des coûts, en demandant toujours plus aux maternités qui restent ouvertes, et donc aux personnels soignants…. Non, l’Etat n’agit pas, au contraire l’Etat cautionne ce qui se passe au profit de l’argent.

Que faut-il faire alors pour être entendu ? Une intervenante a proposé un rassemblement le 05 MAI 2019 pour la journée de la sage-femme, et bien pourquoi pas ? Toutes ensembles sages-femmes, étudiantes sage-femme, prenons le chemin, ensemble, allons sur la place publique et mettons au grand jour ce que vous vivez au travail, ce que nous vivons…. Demandons à ce que la profession de sage-femme soit reconnue à sa juste valeur c’est-à-dire comme le professionnel médical de référence pour le suivi global d’une grossesse physiologique et de la naissance physio mais aussi pour le suivi gynécologique de la femme. C’est écrit dans les textes, mais dans la vraie vie on en bien est loin malheureusement. Les compétences acquises par les 4 années d’études en Belgique (5 ans en France), de stages, l’obtention du diplôme sont bien réels alors faisons que ce métier soit reconnu.

Et je souhaite que la parole des étudiantes soit aussi entendue. Quand la question des violences subies par les étudiantes sage-femme a été abordée par une étudiante (merci à toi pour cette question), elle ne fut que trop vite survolée.

Mais comme je l’ai dit si nous en tant qu’étudiantes sage-femme nous sommes déjà maltraitées et pas écoutées pendant nos études, alors une fois en poste comment allons nous faire pour avoir la meilleure prise en charge possible pour nos patientes ? Comment faire pour ne pas être deja casser par un systéme qui ne nous reconnais pas ?

Des actions ? Comment faire ? D’abord donnons la parole aux étudiantes et aux sages-femmes, demandons à ces futures sages-femmes et à toutes les sages-femmes ce qu’elles ont sur le cœur , ce qu’elles veulent. Demandons leur alors ce qui est attendu de l’Etat, des maternités, de nos cadres, de nos confrères et consœurs des autres corps professionnels. Et faisons le point. Il y aura ainsi une base de travail, un point de départ, et c’est ENSEMBLE que cela va changer et évoluer.

Je suis persuadée que c’est en partant de la base que les choses changeront, revoir les formations des étudiants en santé ? Pourquoi pas, j’ai aussi des idées ! Oui je sais, j’ai un cerveau qui fourmille d’idées pas toutes très judicieuses hélas, mais des fois j’en ai des pas trop mal, et si toi, en me lisant, tu en as aussi alors partageons nos idées ! A quand un congrès des étudiant(e)s sage-femme afin de libérer la parole ?

 

Je suis convaincue que nous sommes devant une nouvelle ère de la sage-femme, à l’aube d’un grand tournant, et c’est à nous de nous battre pour notre métier, futur métier ! Les paroles des femmes, des sages-femmes, des étudiantes ont été opprimées depuis tellement d’années voire décennies, que beaucoup d’entre vous, d’entre nous n’osent plus prendre la parole et poser des revendications, mais c’est en parlant que les langues se délient, et que l’on avancera !

Je voulais encore remercier l’UPSFB pour ce congrès qui fut vraiment remuant, qui a permis de montrer que NON les sages-femmes ne veulent plus se taire, que les sages-femmes sont prêtes, et que la relève l’est aussi !

 

Je finirai cet article sur les paroles de l’hymne des femmes chanté au congrès, d’ailleurs merci à Catherine Markstein

« Nous qui sommes sans passé, les femmes

Nous qui n’avons pas d’histoire

Depuis la nuit des temps, les femmes

Nous sommes le continent noir.

 

Refrain :

Levons-nous femmes esclaves

Et brisons nos entraves

DEBOUT DEBOUT DEBOUT

 

Asservies, humiliées, les femmes

Achetées, vendues, violées

Dans toutes les maisons, les femmes

Hors du monde relégué.

 

Refrain

 

Seules dans notre malheur, les femmes

L’une de l’autre ignorée

Ils nous ont divisées, les femmes

Et de nos sœurs séparées.

 

Refrain

 

Le temps de la colère, les femmes

Notre temps est arrivé

Connaissons notre force, les femmes

Découvrons-nous des milliers !

 

Refrain

 

Reconnaissons-nous, les femmes

Parlons-nous, regardons-nous,

Ensemble, on nous opprime, les femmes

Ensemble, révoltons-nous !

Levons-nous femmes esclaves

Et jouissons sans entraves

DEBOUT DEBOUT DEBOUT

 

Alors le 05 Mai 2019 ?

 

 

Elle.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *